La
Cour de Cassation a statué de manière définitive
sur le feuilleton juridique de l'accord sur le
dialogue social dans l'artisanat conclu le 12 décembre
2001.
Cet accord interprofessionnel, s’applique au
secteur du Bâtiment puisque il existe plus de
37.000 entreprises artisanales dans le Bâtiment.
Qui plus est, notre Fédération a signé un
avenant à un accord de 1994 sur le dialogue
social dans l'artisanat du bâtiment, le 20
octobre 2003 entre la Capeb et les trois fédérations
syndicales CFDT, CGT et FO. Il met en œuvre «au
profit des entreprises du bâtiment occupant
jusqu'à dix salariés», les dispositions de
l'accord interprofessionnel du 12 décembre 2001
relatif au développement du dialogue social dans
le secteur des métiers, signé par l'UPA et les
cinq organisations syndicales de salariés.
Celui-ci instaure une cotisation de 0,15% de la
masse salariale à la charge des artisans
employant moins de 10 salariés: 0,08 point affecté
au niveau interprofessionnel et 0,07 point aux
différentes branches, à répartir à parité
entre patronat et syndicats (CGT, CFDT et FO: 23%
chacun, CFTC et CGC: 15% chacun).
L’idée de départ de cet accord pour Force
Ouvrière était de renforcer la présence des
représentants syndicaux dans les négociations
des entreprises artisanales car il faut
l’avouer, nous avons une réelle difficulté à
pénétrer ces Très Petites Entreprises. Ne
serait-ce que par le fait que les élections de délégués
du personnel ne se déclenchent qu’à compter de
11 salariés.
Il aura donc fallu plus de six ans et une quatrième
victoire juridique pour les signataires, les cinq
confédérations syndicales dont, bien entendu, la
Confédération Générale du Travail Force
Ouvrière et l'Union professionnelle artisanale
(UPA) pour que ce feuilleton juridique se termine.
En effet, la Cour de cassation, le 4 décembre
2007, a validé ce texte après les passages
juridiques devant le Conseil d'Etat, en 2003, puis
le tribunal de grande instance de Paris, en 2004,
et sa cour d'appel, en 2006.
Le Medef et la CGPME auront contesté jusqu'au
bout le fait que l'accord impose à toutes les
entreprises du secteur une contribution
obligatoire pour financer le patronat et les
syndicats de l'artisanat, ce qui, selon eux, en
faisait un impôt. Elles ont maintenant épuisé
tous les moyens de recours.
Le gouvernement est cette fois-ci au pied du mur
car contrairement à ses prédécesseurs, le
ministre du Travail, Xavier Bertrand, ne pourra
plus invoquer aucun frein juridique hypothétique
pour refuser l'extension des trois accords de
branche nécessaires pour valider le dispositif
interprofessionnel de décembre 2001, dont deux
attendent depuis 2003 (entre autre celui du Bâtiment).
Cet accord permettra de développer
l’organisation syndicale Force Ouvrière dans
l’artisanat du Bâtiment.