Les temps ont changé !
La période où les Français envisageaient leur
vie professionnelle comme un long fleuve
tranquille au sein de la même entreprise est révolue.
Les dernières décennies ont bouleversé la
notion ancienne de « sécurité du travail » :
mondialisation, restructurations, évolutions
technologiques d’une part, changements de métier
à l’intérieur ou à l’extérieur de
l’entreprise, ré orientation complète, déménagement
… La question n’est désormais plus pour
les Français « Quel métier et quelle
entreprise pour toute sa vie professionnelle
? » mais plutôt « Comment
s’adapter en permanence à un environnement
instable en sécurisant au maximum mon parcours
professionnel ?».
A l’occasion des 2èmes
Ateliers de la Formation professionnelle qu’elle
organise le 4 décembre à Paris, l’AFPA
(Association pour la formation professionnelle des
adultes) a demandé à l’institut OpinionWay de
recueillir l’opinion de plus de 4000 frnçais,
sur les outils et acteurs de la sécurisation des
parcours professionnels. Une enquête riche
d’enseignement qui contribue à une meilleure
connaissance du marché de l’emploi et qui
permet à l’AFPA notamment d’adapter son offre
de service aux règles nouvelles d’un
environnement en pleine mutation.
L’enquête le démontre,
les français ont non seulement intégré
l’instabilité professionnelle mais ont également
un avis précis sur les outils et les
acteurs qui peuvent sécuriser leur vie
professionnelle : la formation
professionnelle tout au long de la vie est plébiscitée
(94%). Elle est même jugée plus importante
qu’une solide formation scolaire (88%). La
notion d’adaptation devient donc prépondérante
chez les salariés comme chez les chefs
d’entreprise. A tel point, que les Français
sont majoritairement prêts à consacrer de six
mois à un an de leur vie à une formation pour sécuriser
leur vie professionnelle.
Cette enquête révèle
des résultats assez homogènes d’une région à
l’autre même si on peut noter des écarts
sensibles : ainsi les habitants de
Champagne-Ardenne sont 91% et ceux de
Basse-Normandie (90%) à juger important de savoir
accepter de changer de métier quand les
franciliens ne sont que 75 %. L’enquête mesure
également le niveau d’efficacité que les Français
accordent aux différents acteurs en présence.
Premier enseignement, la palme revient aux
organismes de formation (de type AFPA) à égalité
avec les employeurs (81 %)
Autre évidence, l’émergence des acteurs
locaux et régionaux qui sont jugés performants
par 61% des Français contre 59% à l’Etat. Les
collectivités, au premier rang desquelles le
Conseil régional, voient ainsi leurs compétences
issues de la décentralisation parfaitement
reconnues.
Sécurisation =
parcours flexibles ?
Cette sécurisation des parcours se construit
individuellement avec l’appui de l’entreprise,
à qui elle pose de nouveaux défis. Cette démarche
concerne : aussi bien les salariés qui doivent
penser à leur évolution que les demandeurs
d’emploi.
L’intégration de la notion de changement est
la plus délicate pour l’individu : il faut
accepter qu’on ne puisse pas faire le même métier
dans la même ville toute sa vie mais au contraire
se préparer à changer de lieu et surtout de métier
tout au long de sa carrière professionnelle. Ce
n’est pas une simple évolution professionnelle
comme une promotion mais plutôt de développer un
« capital compétences » qui
permet soit de se maintenir dans l’emploi
« au top niveau» voir de changer complément
de métier.
Les mutations économiques ont fait évoluer le
tissu des entreprises de la grande entreprise à
l’artisan en passant par la PME : nouveaux
clients, nouveaux produits, nouvelles habitudes de
consommation… L’entreprise essaye de prévoir
et de gérer au mieux ses ressources dans le cadre
d’un système de management par les compétences
: soit le salarié suit l’entreprise, soit il
anticipe ses évolutions afin d’avoir un avenir
serein. Il s’agit donc de faire évoluer ses
compétences avec l’ensemble des outils proposés
par l’entreprise ou par le cadre institutionnel.
D’une orientation
« au début de ma vie » à une évolution
« tout au long de ma vie professionnelle »
Sécuriser son parcours, ce n’est plus
simplement gérer des savoirs acquis à l’école,
mais être capable de s’adapter à la réalité
d’un marché, d’une entreprise, sinon d’un
nouveau métier. D’ailleurs, les entreprises
elles-mêmes ne gèrent plus simplement des
emplois, mais sont « à la recherche de compétences »,
notion qui dépasse largement le cadre des diplômes.
Les outils utilisés
par les français
Parmi ces grands types d’outils se
concentrent tout ce qui renforce un parcours :
la formation initiale à l’école, l’aide au
choix d’un métier (appelée orientation
professionnelle) la formation continue ainsi que
la mobilité géographique et professionnelle.
Sécuriser son parcours professionnel, c’est
trouver les moyens d’accéder à un emploi, de
conserver son emploi, d’évoluer dans son emploi
ou encore d’en changer s’il le faut. Quels
sont, pour les Français les moyens les plus
efficaces pour y parvenir ?
L’étude afpascope 2007 a permis
d’interroger un échantillon de plus de 4000
Français, avec un focus sur les régions
administratives. Parmi les propositions offertes
aux interviewés, c’est la « possibilité
de se former tout au long de la vie » qui
est estimée la plus signifiante, plus de six Français
sur dix l’estimant même « très
importante », quand la mobilité géographique
ne convainc qu’un actif sur cinq.
Ce n’est donc plus la formation scolaire
initiale qui est la plus importante même si elle
demeure fondamentale pour débuter mais surtout la
possibilité de continuer à se former par la
suite ! La formation professionnelle continue
est bien inscrite dans l’esprit des français
comme le moyen d’avoir un avenir serein qu’on
soit salarié ou demandeur d’emploi. La
formation c’est l’affaire de toute une vie.
Elle permet de s’adapter aux différentes évolutions
d’une carrière.
Les autres critères comme « orientation
vers des métiers recherchés par les entreprises »
ou « savoir changer de métier », ne
sont jugés « très importants » que
par respectivement 37 et 28% des actifs
La formation, clef
d’un parcours
Quel est le meilleur moyen de sécuriser un
parcours professionnel ? La réponse est évidente
pour les Français interrogés qui estiment à 80%
l’utilité de pouvoir suivre une formation. Ce
chiffre monte à 87% chez les 18-24 et les diplômés
Les dispositifs
d’entrée en formation
La formation est donc le vecteur incontournable
pour avoir un avenir plus serein pour les Français.
Connaissent-ils pour autant les nouveaux outils
mis à leur disposition par les entreprises
et le cadre institutionnel ?
Divers dispositif, bien connus des DRH, étaient
suggérés pour en évaluer la notoriété :
Bilan de compétence, contrat et périodes de
professionnalisation, VAE (Validation des Acquis
de l’Expérience), CIF (Congé Individuel de
Formation) et DIF (Droit Individuel à la
Formation)… Pour au moins huit français sur dix
tous ces dispositifs sont considérés comme
essentiels et connus par eux.
On doit, pour interpréter ces résultats,
prendre en compte le fait que ces outils
regroupent des expressions qui sont tombées dans
le vocabulaire courant, alors que les dispositifs
techniques n’en sont pas pour autant connus.
Cependant, et malgré cette réserve, on remarque
une notoriété importante de ces propositions. La
moins connue, le DIF, étant tout de même
identifiée par plus d’un Français sur deux.
L’effort important des organismes en charge
du bilan de compétences et sa vogue dans de
nombreuses entreprises sont payés de succès auprès
des interviewés qui sont 59% à déclarer en
connaitre l’existence. Cette proportion monte à
71% chez les 25-34.
Le public qui a fait des études supérieures
connaît à 78% un outil comme le bilan de compétences :
cette proportion passe à 39% pour les sans diplômes.
C’est le même constat pour la VAE, qui a
disposé d’une forte couverture médiatique :
si elle est connue par 56% des interviewés,
elle l’est encore davantage par les CSP+ (74%)
et les diplômés (72% et chute – paradoxalement
- à 39% chez les personnes « sans diplômes »).
Combien de temps pour
se former et sécuriser son parcours ?
Certains dispositif (DIF, professionnalisation)
font directement allusion à un crédit de durée
(20 heures par an pout le DIF par exemple).
S’interroger sur la durée compatible ou nécessaire
d’une formation est donc intéressant pour mieux
appréhender la capacité des Français à
consacrer du temps pour sécuriser concrètement
leur parcours professionnel.
Sur ce plan, on remarque une très forte
propension des personnes interrogées à considérer
comme profitable les formations jusqu'à un an
(41% « jusqu’à un an » chez les
actifs).
Auprès des demandeurs d’emploi, cette
tendance se confirme largement. Si l’on combine
«jusqu’à six mois » et « jusqu’à
un an », on arrive à plus de sept
demandeurs d’emploi sur dix à se déclarer prêts
à consacrer un temps conséquent à une
formation.
Les acteurs
performants de la formation et de
l’accompagnement
Qui est le mieux placé pour former un salarié
ou l’aider dans les choix professionnels ?
Cette question rassurera les partisans de la
flexicurité, puisque les français considèrent
que l’employeur est le plus performant des
acteurs pour accompagner cette sécurisation, avec
82% d’avis positifs. On ne peut suspecter la
dimension affective qui lie le salarié à son
entreprise, puisqu’ils sont encore 75% des
demandeurs d’emploi à avoir la même opinion.
Les organismes de formation professionnelle,
comme l’Afpa, arrivent en tête, à position égale
avec l’employeur… et devant les écoles, lycées
ou universités ! Même si ces derniers
demeurent un dispositif auquel les français font
confiance (79%), il y a bien une prise de
conscience qu’ils ne suffisent pas à sécuriser
durablement une vie professionnelle.
Le rôle de l’ANPE et des missions locales
est conforté avec 52 % d’avis favorable (et même
58 % auprès des demandeurs d’emploi).
On note également l’émergence des nouveaux
acteurs (locaux et régionaux), au premier rang
desquels le Conseil régional qui, avec la décentralisation,
voit ses compétences reconnues en matière de
formation professionnelle et de développement économique
(61 %).
La Sécurisation des
parcours professionnels ? Qu’est ce que
c’est ?
Les parcours professionnels sont plus
discontinus aujourd’hui qu’hier. Prendre en
compte la dynamique des parcours professionnels
c’est passer d’une vision statique de
l’emploi qui tend à maintenir coûte que coûte
les emplois existants, à une vision dynamique qui
protège les mobilités, évite les ruptures
brutales, longues ou déqualifiantes, et
garantisse un certain nombre de droits tout au
long de la carrière.
Toutes les analyses font aussi le constat que
les mobilités sont plus fréquentes, choisies
pour les uns mais trop souvent subies pour les
autres, que les passages par le chômage sont plus
fréquents, qu’il existe un risque d’exclusion
important du fait de la longueur des épisodes de
chômage ou par manque de qualification, ou encore
qu’il existe un fort sentiment d’insécurité
professionnelle, au-delà bien souvent du risque réel
de perdre son emploi
En ce sens, la sécurisation des parcours
professionnels se définit comme la lutte contre
la dégradation des carrières, contre les
situations précaires de ceux qui se trouvent à
la marge du marché de l’emploi faute d’offres
d’emploi adaptées ou de qualification, contre
l’exclusion du marché de l’emploi.
L’AFPA en quelques
mots
Organisme d’intérêt général,
l’AFPA (Association pour la formation
professionnelle des adultes) accompagne les
demandeurs d’emplois et les salariés tout au
long de leur vie professionnelle, pour favoriser
leur accès à un emploi durable par des
formations qualifiantes mais également les Régions,
les entreprises et les branches professionnelles.
Partenaire du Plan de Cohésion
Sociale et membre du service public de l’emploi
(SPE), l’AFPA vise à sécuriser les parcours
professionnels des adultes demandeurs d’emploi
ou salariés, mais aussi des personnes en
situation de handicap, des seniors, des jeunes
sans qualification, ou des demandeurs d’emplois
de longue durée, via l’orientation,
l’accompagnement et la formation
professionnelle.
L’AFPA est un expert
reconnu du marché de l’emploi français (elle
dispose de 7 établissements d’étude et de
recherche). Attentive aux évolutions du marché
du travail, l’AFPA adapte en permanence ses
formations aux besoins des entreprises et des régions.
L’étude a été réalisée par l’Institut
OpinionWay, auprès d’un échantillon de 4274
individus, représentatif de la population française
âgée de 18 ans et plus. L’échantillon a été
constitué selon la méthode des quotas, au regard
des critères de sexe, d’âge, de catégorie
socioprofessionnelle, après stratification par région
de résidence. Afin de pouvoir analyser les résultats
par région administrative, 200 interviews dans
chacune des 22 régions métropolitaines (hors
Corse) ont été réalisées. Lors du traitement
statistique des données, le poids de chacune des
régions a été pondéré afin que l’échantillon
total soit représentatif de la population française.
Mode d’interrogation: L’échantillon a été
interrogé par téléphone, au domicile des
interviewés.
l'ensemble
des données chiffrées de l'étude
l'étude
et l'analyse des données chiffrées