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Date de parution : lundi 9 avril 2007

Mission sénatoriale sur la formation : audition de MM. Pierre Martin et Pierre Burban (UPA)

Puis la mission d'information a entendu MM. Pierre Martin, président, et Pierre Burban, secrétaire général, de l'Union professionnelle artisanale (UPA).

M. Pierre Martin a déclaré que la formation professionnelle se situe au coeur des préoccupations de l'UPA. Il a estimé que, dans l'artisanat, le départ en formation présente des difficultés spécifiques en raison du faible nombre de collaborateurs, surtout depuis l'instauration des « 35 heures ». Le regroupement des organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) en quatre organismes intervenant pour l'artisanat a constitué une avancée importante. Ces OPCA ont une situation financière globalement équilibrée et ne constituent donc pas de réserves notables. Ils sont davantage sollicités depuis la mise en place du droit individuel à la formation (DIF) qui, d'ailleurs, ne s'avère pas adapté aux petites entreprises. Quoi qu'il en soit, cette sollicitation croissante des OPCA de l'artisanat a débouché sur la décision des partenaires sociaux d'augmenter la contribution des entreprises.

Puis il a relevé la difficulté d'appréhender les besoins des entreprises, qui se traduit par des réalisations inférieures aux engagements de formation formulés en début d'année. Par ailleurs, le contrat de professionnalisation s'avère plus adapté que le contrat de qualification. Pour ce qui est de la fonction de chef d'entreprise, les trois fonds d'assurance formation (FAF), respectivement destinés aux services, à l'alimentation et au bâtiment ont vocation à être prochainement fondus dans un nouveau fonds de formation national. L'UPA a pour objectif d'améliorer ces fonds au moyen d'une meilleure information, en particulier dans les secteurs les plus évolutifs, tels que la coiffure, l'automobile, l'électronique ou même le bâtiment. Enfin, M. Pierre Martin a relevé, concernant les collaborateurs, que la formation initiale s'avère moyennement adaptée.

Mme Muguette Dini a demandé comment adapter le DIF. M. Pierre Martin a jugé difficile de rapprocher les formations en lien avec l'entreprise de l'objectif d'un épanouissement personnel du salarié dans les petites structures dépourvues de responsable des ressources humaines. Il a estimé que les vingt heures annuelles cumulables aboutissent à des durées excessives, tout en précisant à M. Jean-Claude Carle, président, que dans l'hypothèse d'une réorientation du salarié, ces vingt heures s'avèrent insuffisantes. M. Pierre Burban a précisé que, dans le cadre d'une reconversion, le congé individuel de formation (CIF) est préférable.

M. Jean-Claude Carle, président, s'est posé la question de l'intérêt d'un accompagnement particulier pour les petites entreprises et du rôle des OPCA dans l'ingénierie de la mise en place des formations. M. Pierre Martin a relevé que les petites entreprises sont loin d'élaborer systématiquement leur plan de formation en début d'année et que, parallèlement, il n'est pas certain que les OPCA aient toujours les moyens de fournir un service d'ingénierie complet, même si ces organismes fournissent généralement une aide logistique incontestable.

M. Serge Dassault a alors relevé la nécessité d'une action en direction des jeunes au sortir des collèges afin de les orienter vers l'artisanat. M. Pierre Martin a indiqué que si 57 % des apprentis oeuvrent dans le secteur de l'artisanat, l'orientation vers l'apprentissage pose problème en France. L'UPA compense cette insuffisance de l'orientation par de nombreuses actions en direction des jeunes, qu'il s'agisse de rencontres avec les instituts universitaires de technologie (IUT) ou de partenariats avec les ANPE ou avec les branches professionnelles. Par ailleurs, en tant que président de chambre des métiers, M. Pierre Martin a indiqué qu'il peut mettre en place des partenariats avec les missions locales, les maisons de l'emploi, les « pays », ainsi que certaines formes d'intercommunalité.

Mme Muguette Dini a demandé si le Fonds unique de péréquation (FUP) remplit correctement son office. M. Pierre Martin s'est déclaré en faveur d'une mutualisation aussi large que possible. Si les quatre OPCA de l'artisanat utilisent leurs fonds, de nombreux collaborateurs quittent l'artisanat pour les grandes entreprises et il ne serait donc pas illégitime que les OPCA de l'artisanat bénéficient d'un certain « retour », compte tenu de leur investissement initial en formation.

M. Jean-Pierre Carle, président, a demandé à M. Pierre Martin son opinion sur la cohérence du système global de formation, comprenant l'école et la formation professionnelle initiale et continue. Sans attribuer toute la responsabilité de certains dysfonctionnements à l'éducation nationale et à son système d'orientation, M. Pierre Martin a souligné que l'amélioration de l'image et du recrutement dans l'artisanat est le seul fait du secteur, grâce à une communication accrue sur les métiers et les formations, même s'il existe encore des marges d'amélioration. Il importe, en particulier, de favoriser l'intervention des enseignants préalablement aux diverses manifestations organisées pour promouvoir les métiers de l'artisanat, et de sensibiliser les familles, dont les mentalités sont cependant en passe d'évoluer, conscience étant prise que le secteur de l'artisanat devient particulièrement porteur, les grandes entreprises perdant des emplois et l'administration ne remplaçant pas tous ses fonctionnaires.

M. Jean-Pierre Carle, président, a demandé si le plan régional de développement des formations (PRDF) n'est pas l'instrument le plus approprié pour participer à la promotion des métiers. M. Pierre Martin s'est déclaré favorable au PRDF, l'essentiel étant que les branches professionnelles concernées s'engagent dans un « contrat d'objectif » dans le cadre d'une collaboration accrue avec les conseils régionaux, M. Jean-Claude Carle, président, insistant alors sur l'intérêt d'associer plus étroitement le monde professionnel au PRDF.

Mme Isabelle Debré s'est alors inquiétée du niveau de fréquentation des forums de l'artisanat. M. Pierre Martin lui a indiqué que le mode de présentation est particulièrement important : les démonstrations de métiers sont très attractives, alors que les stands plus « institutionnels » sont effectivement désertés.

M. Jean-Claude Carle, président, a estimé qu'en définitive, les forums sont nécessaires mais non suffisants : ils doivent donner lieu à une préparation et être étayés par des démonstrations, Mme Muguette Dini relevant que le travail de préparation s'impose tout particulièrement auprès des collégiens.

Source : Sénat

en partenariat avec la
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