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"L'Université
est une chance" : les propositions des présidents d'université
La
CPU, réunie à Metz au colloque des 15 et 16 février 2007,
interpelle les candidats à l'élection présidentielle et leur
demande de prendre enfin et clairement position pour une politique
ambitieuse et audacieuse de l'université.
Pour que l'université soit vraiment une chance, la CPU dévoile,
aujourd'hui, une série de propositions qui visent à donner à la
France l'université qu'elle mérite.
Dans les prochaines semaines la CPU rencontrera les futurs
candidats et attendra des réactions précises aux propositions
issues de ce colloque.
La France doit faire le choix de soutenir enfin ses universités
pour se donner une chance de rester un pays qui compte dans le
concert des nations.
La CPU rappelle les missions
indissociables des universités
1. La recherche (fondamentale et finalisée). L'université
est et doit rester la référence et l'opérateur majeur de la
recherche. Le seul véritable enseignement universitaire est celui
fondé sur la recherche.
2. La formation générale et professionnelle. Cette
mission de formation exige de faire de l'insertion professionnelle
un des objectifs majeurs des universités. Cette mission exige
aussi de réformer totalement l'accueil et le suivi des étudiants.
La formation tout au long de la vie est également un enjeu
essentiel.
3. La valorisation économique et sociale au plus près du
territoire. L'université doit pouvoir être un acteur majeur
de l'émergence des PME innovantes dont notre pays a cruellement
besoin.
4. L'internationalisation et la contribution au rayonnement et
à l'attractivité de la France.
Notre conviction est que l'université doit être la référence
en matière d'exigence de qualité dans tous ces domaines.
L'université est au cœur du système de l'enseignement supérieur
et de la recherche. L'université est au cœur de l'organisation
territoriale de ce système.
Nous avons décidé de nous focaliser dans nos propositions sur la
réussite du plus grand nombre, car il s'agit de l'enjeu politique
essentiel pour notre pays. Faire réussir les jeunes français à
et par l'université, c'est bien se préoccuper des grandes
missions de l'université et des moyens et outils qui nous
permettraient de placer l'université française comme une référence
dans le monde. Faire réussir le plus grand nombre, en
reconnaissant que la diversité des profils, des talents, des compétences
et des aspirations est une chance et non un fardeau, c'est enfin
donner à la France la possibilité de tenir son rang. C'est répondre
à l'angoisse des français face à la déqualification des
formations et à la panne de l'ascenseur social, angoisse dont la
crise du CPE fut une claire illustration.
La CPU rappelle quelques principes de
base
Elle réaffirme les fondements des missions publiques
d'enseignement supérieur et de recherche des universités : équité,
efficience, qualité. Elle rappelle également l'indivisibilité
du système universitaire : toutes les universités ont vocation
à atteindre l'excellence et à construire leur réputation, dans
des domaines plus ou moins larges, et toujours fondée sur la
valeur scientifique et sur la reconnaissance évaluée des
performances des établissements. Cela doit assurer à toute
université ou groupe d'universités une visibilité nationale et
internationale. Il ne saurait y avoir de système universitaire à
plusieurs vitesses ; mais en même temps il faut reconnaître et
valoriser la diversité des universités.
Elle souhaite aussi privilégier le modèle d'université
pluridisciplinaire car le XXIeme siècle réclame des étudiants
dotés d'une culture scientifique variée et large.
La CPU rappelle enfin l'importance des logiques de projet et de
contrat, qui permettent un développement et une structuration du
système universitaire.
Les 20 propositions :
- I –Pour la réussite du plus grand nombre
- II – La recomposition du paysage universitaire
- III – Autonomie, gouvernance et responsabilité des
universités
- IV – Une révolution budgétaire
I - POUR LA RÉUSSITE DU PLUS
GRAND NOMBRE
Proposition 1 : Faire du cycle licence, aux volumes
horaires augmentés pour les étudiants, à l'encadrement
renforcé, le vecteur premier de la réussite à l'université.
La licence devra permettre, au travers de parcours modulaires
différenciés, d'assurer tant la préparation aux concours,
la préparation aux poursuites d'étude longues, que
l'insertion professionnelle. La licence deviendra la référence
d'un post-bac réorganisé assurant une réelle égalité des
chances. C'est pourquoi nous demandons que les cycles préparatoires
externes aux écoles soient placés au sein du système
universitaire, de manière à permettre une évolution de la
nature des concours favorisant une véritable diversification
des cultures et des compétences.
Proposition 2. : Mettre en place à la fin du premier
semestre, pour chaque étudiant, quelle que soit sa filière
universitaire, un contrat individualisé de réussite (CIR),
défini par l'équipe pédagogique, incluant un suivi
personnalisé, un module de projet professionnel, un stage
obligatoire hors du milieu universitaire, des projets
personnels encadrés et une organisation des enseignements
privilégiant les petits groupes.
Proposition 3 : Organiser un processus d'orientation
active, piloté par les universités, concernant tous les
bacheliers, organisé en collaboration entre les établissements
du secondaire et ceux du supérieur.
Proposition 4 : Faire de l'accueil et des conditions de
vie des étudiant(e)s un chapitre majeur du contrat d'établissement,
comportant des indicateurs publics et suivi par une commission
spécifique paritaire ouverte aux étudiants. Faire de
l'université le guichet unique de l'aide sociale, de l'aide
à la scolarité et de l'aide à la mobilité sortante et
entrante des étudiants.
II – LA RECOMPOSITION DU PAYSAGE
UNIVERSITAIRE
Proposition 5 : Favoriser l'organisation territoriale
du système universitaire pour améliorer son efficience et
son attractivité. Reconnaître ainsi la spécificité de
chaque établissement au sein d'un système universitaire
national diversifié à large couverture territoriale.
Proposition 6 : Concevoir et négocier les
regroupements et les alliances au niveau des établissements
eux-mêmes, en fonction des projets qu'ils développent, font
évaluer, et contractualisent.
Proposition 7 : Dresser une cartographie nationale de référence
de la formation et de la recherche universitaires qui soit
un outil collectif (Ministères, CPU) de mise en cohérence de
l'organisation métropolitaine, régionale et nationale de
l'Université française. Garantir ainsi l'équité de l'accès
des citoyens à enseignement supérieur et une recherche de
qualité.
Proposition 8 : Assurer la convergence des Écoles externes
et des universités en associant les écoles aux projets
de groupement de type Pres et aux contrats des universités.
III - AUTONOMIE, GOUVERNANCE ET
RESPONSABILITÉ DES UNIVERSITÉS
Proposition 9 : Préparer une loi d'orientation et de
programmation définissant l'engagement de l'État pour
l'université du 21e siècle. Dans ce cadre, donner aux
universités une autonomie pleine et entière et une
gouvernance efficace, préciser leurs nouvelles missions, réviser
les règles d'organisation interne, définir les modalités de
leur évaluation, et renouveler les formes de la démocratie
universitaire et de la citoyenneté étudiante.
Proposition 10 : Modifier, à la faveur de la loi, la
structure de gouvernement des universités : accorder un rôle
stratégique central à un CA resserré, responsabilisé et
ouvert sur l'extérieur (en particulier un droit de veto systématique
sur le recrutement de l'ensemble des enseignants-chercheurs) ;
redéfinir le partage des responsabilités entre présidence
et composantes, quels que soient leurs statuts actuels, sur la
base de contrats d'objectifs inclus dans le projet d'établissement.
Proposition 11 : Confier à la CPU l'accompagnement de toutes
les universités, dans leur accession, selon leur propre
calendrier, à une réelle autonomie et à une nouvelle forme
de gouvernance.
Proposition 12 : Attribuer à chaque université la maîtrise
totale de ses moyens : l'ensemble des ressources budgétaires,
la masse salariale, le patrimoine immobilier.
Proposition 13 : Confier aux universités la gestion du
recrutement et des carrières des personnels Biatoss, dans
le cadre de la fonction publique, en assurant les moyens d'une
véritable politique de formation et d'une véritable
politique sociale et indemnitaire à destination des Biatoss.
Proposition 14 : Modifier la définition des tâches des
enseignants-chercheurs statutairement reconnues et confier
à l'établissement la fixation des services individuels en
fonction de sa politique globale.
IV - LA REVOLUTION BUDGÉTAIRE
Proposition 15 : Engager une révolution budgétaire en
faveur des universités en établissant un pacte social et
politique réunissant l'État, les collectivités, les
entreprises, les familles. L'effort global doit atteindre
les 10 Milliards d'Euros pour l'ensemble des activités de
l'université, notamment pour assurer une dépense globale de
12000 Euros par an et par étudiant. La part de l'État doit
rester prépondérante dans ce financement. Une majoration et
une modulation des droits d'inscription accompagnée d'une révision
globale du système d'aides aux étudiants doivent être prévues.
Proposition 16 : Renforcer la culture de projet dans les
universités en redonnant au contrat d'établissement
renouvelé, évalué a posteriori, une véritable valeur
stratégique et un poids plus important dans les
ressources des établissements, à coté du financement de
base des activités de service public qui doit être assuré
sur critères par l'État.
Proposition 17: Associer pleinement les collectivités
territoriales au financement de l'immobilier universitaire,
des relations internationales, des investissements d'équipements,
de la formation continue, de la VAE et de l'apprentissage. En
contrepartie, négocier avec les collectivités la
signature d'un volet spécifique complémentaire du contrat d'établissement.
Proposition 18 : Orienter la fiscalité des entreprises et
des particuliers vers le financement de la recherche, de
l'innovation et de la formation universitaires. La CPU
demande la création de fondations universitaires,
destinées à soutenir tant la recherche, que la valorisation
et que la formation, bénéficiant d'un régime fiscal
favorable.
Proposition 19 : Renforcer l'attractivité des métiers de
l'enseignement supérieur et de la recherche : extension
de l'échelle indiciaire, mise en place d'avancements accélérés
en local, sur la base d'une évaluation externe de l'ensemble
des activités d'un enseignant-chercheur, accroissement des
possibilités de congés pour recherche attribués par l'établissement,
mise en place de véritables plans de formation continue (pédagogie,
TICE) etc.
Proposition 20 : Rééquilibrer le ratio Biatoss/enseignant
et enseignant-chercheur, à la hauteur de 1 pour 1 (à
l'heure actuelle 0,67/1). Renforcer en particulier
l'encadrement supérieur, dans la perspective de
l'accroissement de l'autonomie et du passage au budget global,
et assurer la diversification des recrutements.
Source
: CPU
en
partenariat avec la 
Notre
sélection de livres sur la formation professionnelle
Les
"+" de Droit de la formation.com
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