Le
CNFP, une instance de plus ou un outil innovant ?
Le CNFP ne succède pas à proprement parler au Conseil national
de la formation professionnelle, de la promotion sociale et de
l’emploi, car il présente des caractères nouveaux en raison du
contexte, notamment de la décentralisation, et de ses compétences
qui découlent de l’Accord national interprofessionnel de décembre
2003 et de la loi du 4
mai 2004. Le
conseil, installé le 14 avril, qui rassemble tous les partenaires
de la formation professionnelle, y compris les parlementaires, a
donc une physionomie différente des instances précédentes. La
formation professionnelle, déclarée obligation nationale par les
textes législatifs de 1971, va pouvoir enfin remplir cette
fonction. Ce nouveau conseil se distingue également des précédents
du fait de son autonomie par rapport au gouvernement. De plus, son
président est une personnalité qualifiée, et non un représentant
de l’État. Enfin, ses importants travaux d’évaluation sont
destinés au Parlement.
Quel
ton comptez-vous donner à votre présidence ? Quelles sont vos
priorités ?
Je ne sais pas si je vais donner le ton, je m’en soucie peu. Je
sais en revanche ce que je vais essayer de faire. D’abord,
concernant les avis sur les projets de textes, définir une méthode
d’examen et un langage aussi communs que possible. Ensuite, pour
notre bilan annuel du financement de la formation professionnelle,
le premier objectif sera celui de la transparence. Enfin, en matière
d’évaluation, notre souci premier sera l’efficacité de la
formation.
Le
nombre important des membres du Conseil ne risque-t-il pas de
nuire à son efficacité ?
Même si nous ne débouchons pas sur des votes majoritaires, nos débats
serviront à éclairer les pouvoirs publics ainsi que l’ensemble
des acteurs de la formation. C’est cela, l’essentiel. Car
cette instance doit représenter démocratiquement tous les
acteurs de la formation mais aussi prendre en compte l’intérêt
général. Cela demande du temps. Je ne suis donc pas pressé de
constituer un bureau ou une commission permanente. On a d’abord
besoin de faire connaissance.